Une barbiche à la Perec
Pourtant, tout a commencé si simplement.
Ma femme avait emprunté Les choses: une histoire des années soixante de Georges Perec à la bibliothèque.
Innocemment, car je n'avais jamais lu du Perec, j'ai décidé de le lire lors d'un dimanche pluvieux, assis dans ma chaise Louis XVI, sirotant un Champagne Jacquart Extra Brut, et écoutant un extrait de la discographie complète des oeuvres pour piano de Federico Mompou.
À en croire ma femme, dès la première page, je serais devenu fou, complètement obnubilé par ce récit, avalant un chapitre après l'autre. Ayant terminé le livre, j'aurais marmonné "les choses sont un piège!, les choses sont un piège!, les choses sont un piège!", et ainsi de suite.
Je ne me souviens plus très bien du reste. J'aurais lancé la bouteille d'Extra Brut par la fenêtre de notre villa de Rosedale. J'aurais essayé (sans succès, vil briquet!) de mettre le feu à ma chaise Louis XVI. Heureusement, ma femme s'est placée devant la chaîne stéréo, un couteau à lame "abeille" Laguiole en main, et m'a crié "c'est assez!"
Je me suis calmé. Je me suis excusé auprès de ma femme, lui promettant de ne plus lire de Perec. Mais en cachette, j'ai commandé tous ses livres disponibles à la bibliothèque.
Ma femme m'a pardonné mon excès de violence antimatérialiste, mais elle ne m'a pas encore pardonné ma nouvelle barbiche à la Perec. Il me manque seulement sa coupe de cheveux d'homme dérangé, mais ils poussent…oh oui! Ils poussent!




2 thoughts on “Une barbiche à la Perec”
« Ils flânaient comme seuls les étudiants savent flâner. … Un vieil étudiant, c’est quelque chose de sinistre … »
Merci Louis pour ce sympathique blogue!
Ca me donne le gout de le lire, ce livre de Perec!!