Apprentissage, élixirs, quêtes d’identités : Les nouveaux romans d’août 2014
Joyeux août à toutes et à tous !
L’été jusqu’à présent s’avère peu avenant, avec la météo divisée entre froideur inattendue ou la pluie. Ceci étant, il y a beaucoup à apprécier parmi les nouveaux romans de l’été, même si le temps n’est pas de taille. Voici quelques exemples notables.
En finir avec Eddy Bellegueule est le premier roman d’Édouard Louis, qui raconte la découverte douloureuse de son homosexualité. La Picardie de son enfance était un milieu qui valorisait une masculinité violente et exagérée. Avec sa manière efféminée et ses pulsions homosexuelles, il provoquait la honte de sa famille et la raillerie des gens du coin. Cette œuvre d’autofiction est une lecture dure, mais forcément émouvante, et a fait de Louis un véritable phénomène littéraire en France.
Chez nous, Métis Beach est un premier roman qui a fait jaser les critiques, écrit par Claudine Bourbonnais. L’animatrice de Radio-Canada met en scène Romain Carrier, qui à dix-sept ans a fui son village gaspésien suite à une accusation fausse. Cinquante années plus tard, il est le célèbre scénariste Roman Carr, renommé pour sa série télévisée. Métis Beach raconte son parcours, un parcours qui est autant celui des États-Unis des années 1960 que le sien.
Amal Sewtohul utilise également le parcours de ses personnages pour examiner celui d’un pays, mais change le cadre des États-Unis à l’Île Maurice. Made in Mauritius est à la fois un voyage initiatique, historique et géographique, mené par un ‘anti-héros mémorable.’ Laval, fils d’émigrants chinois, voit le jour dans les années 1950 dans ce pays polyculturel. Ses aventures tumultueuses à travers les années vont dévoiler les espoirs et désillusions de sa génération. Le troisième roman de Sewtohul, Made in Mauritius lui a valu le prix des Cinq Continents 2013.
Finissons avec le nouveau roman d’Éric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour. Jadis amants, Adam et Louise se trouvent maintenant des milliers de kilomètres de l’un l’autre. Suite à une rupture dure, ils entament un débat dans leur correspondance : comment provoquer l’amour, et garantir une idylle. Saisissant dès la première page, L’élixir d’amour s’avère que Schmitt demeure un « observateur pertinent des caprices du cœur. »
Bonne lecture !
2 thoughts on “Apprentissage, élixirs, quêtes d’identités : Les nouveaux romans d’août 2014”
J’ai lu en deux jours En finir avec Eddy Bellegueule, recommande le 9 septembre lors de la Causerie sur les coups de coeur de cette rentree. Un livre d’autant plus bouleversant que son auteur Edouard Louis n’a que 21 ans. Il m’a fait penser a Annie Ernaux qui a aussi beaucoup decrit le milieu defavorise de sa famille. Mais ce livre est un cri de detresse qui va droit au coeur, on se partage entre la revolte et la pitie envers le milieu ou vit Eddy Bellegueule ne comme par erreur dans un corps de garcon et qui est le souffre-douleur de son entourage en raison de sa feminite, de ses manieres de “gonzesse”.
Daniele Koskas corrige la 6e ligne de son commentaire:
On se sent partage entre la revolte et la pitie…..